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Le deuil tardif des camélias

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Titre : Le deuil tardif des camélias
Auteur : Daniel Leblanc-Poirier
ISBN : 978-2-89699-545-5
Nombre de pages : 125
Éditeur : L’Interligne
Année de sortie : 2016

J’ai toujours aimé les romans dont l’action se déroulait à Montréal, j’y retrouve des décors familiers, entre les lignes je ressens l’ambiance d’un lieu, l’odeur d’un autre.


L’auteur plante Laurent et Antoine, deux personnages qui s’enlisent doucement dans ce que la vie a de sombre à offrir, dans un décor qui fut longtemps le mien, mon Montréal, l’UQAM et le sud-ouest de la ville.

Je me suis rapidement attachée aux personnages, bien que la plupart d’entre eux me soient flous. De l’apparence de Laurent et d’Antoine, que sais-je? Très peu. Et pourtant, comme on le vit parfois avec ceux avec qui on discute en ligne sans jamais ne se rencontrer en personne, j’ai eu l’impression de les connaître  dès les premières pages lues.

Les relations amoureuses compliquées, la jalousie, les mésaventures, le sexe, le Kraft Dinner, le manque d’argent et la drogue ponctuent leur quotidien, dans lequel l’auteur nous embarque à un rythme effréné.

Bien qu'il ne fasse que 125 pages, le livre est dense, et donne l’impression d’une tirade récitée sans prendre de pose. C’est un roman qui se lit comme une longue anecdote que l’on se ferait raconter par un ami que l'on avait perdu de vu.

Ces histoires du quotidien, l’auteur les raconte avec une poésie telle qu’elle est difficile à décrire. Il enchaîne les comparaisons, relate le désespoir, les déboires amoureux et le vice avec une beauté transcendante.

Dès les premières lignes, qui vont comme suit, l’auteur donne le ton à la centaine de pages qui suivront :

Une buée haletante montait de nos deux tasses pleines à ras bord, embaumant l’air d’un parfum de jasmin qui s’amusait à venir mourir au fond de mes narines. Elle était là, devant moi, avec sa tasse trop chaude et, moi, j’étouffais du vide qu’elle me laissait. Épuisé par ses yeux bleus, voilà comment je me serais décrit. […] Je la regardais, ma Marguerite à moi, et je ne savais pas comment lui dire. Comment lui enfoncer ça dans la poitrine sans lui faire mal. Je sentais les années s’envoler comme de grandes cigognes dans le ciel, habillant les étoiles d’une noirceur pauvre qui m’empêchait de voir que Marguerite était belle jusqu’à la magnificence.


Une histoire que je recommande chaudement, ne serait-ce que pour découvrir la langue vivante et colorée de l’auteur. 

   ♥ 1/2

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Ce livre m'a été gracieusement offert par les éditions l'Interligne. Ma chronique et mon opinion demeurent cent pour cent sincères. 
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