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Le liseur du 6h27

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Titre : Le liseur du 6h27
Auteur : Jean-Paul Didierlaurent
ISBN : 978-2-924402-11-5
Nombre de pages : 182
Éditeur : Édito

Année de sortie : 2014

C’est ma belle-mère qui m’a offert ce roman, dont je ne savais pas grand-chose, mis à part qu’il eût gagné différents honneurs. Ce fut, finalement, une magnifique découverte. Dans ce petit roman de moins de 200 pages, on suit le quotidien de Guylain Vignolles, dont le travail consiste, à son grand désespoir, à pilonner des livres à l’aide de la Chose, le Zestor 500.

Son existence est plutôt grise en dehors du temps qu’il passe dans le RER de 6h27. Là, il lit à voix haute les quelques feuillets qu’il a pu sauver la veille de la machine qui le répugne tant. Ce trajet semble être son seul petit bonheur, le seul éclairci dans une vie autrement plutôt misérable.

Mis à part son amitié avec deux personnages hauts en couleur, Giuseppe, ancien employé de l’usine s’étant retrouvé cul-de-jatte après avoir été victime des dents de Zestor, et Yvon, le gardien de l’usine, un qui ne parle qu’en alexandrin, le gardien de l’usine, Guylain est un être solitaire. Personne ne l’attend chez lui, à l’exception de son poisson rouge, Rouget de Lisle, cinquième du nom.

Et pourtant, de ce quotidien morne transcende une certaine poésie, décupler lorsque Guylain trouve sur le sol du RER une clé USB contenant les textes d’une dame pipi. Lentement la pesanteur du travail semble laisser place à l’excitation de retrouver cette auteure dont il ne sait presque rien, si ce n’est qu’elle exerce un métier plutôt ingrat dans un centre d’achat.

Il est dit de Guylain qu’il tente de se faire oublier, de se rendre invisible. Il le réussit bien, particulièrement dans la première moitié du livre. Comme lectrice, j’allais parfois jusqu’à l’oublier, étant beaucoup plus charmée par les personnages qui gravitaient dans son univers.

Il faut dire qu’il est difficile de ne pas craquer pour Giuseppe, à la recherche de ses jambes, ou pour Julie, la dame pipi, ainsi que sa tante qui raffole des chouquettes. Heureusement que ces personnages pour le moins excentriques sauvent la donne, puisque Guylain, bien ancré dans sa routine métro-boulot-dodo, n’attise pas grande émotion, si ce n’est que la vague pitié que l’on peut éprouver devant cet aperçu de son quotidien.

C’est avec beaucoup de finesse que Jean-Paul Didierlaurent transforme une tranche de vie à la monotonie et à la solitude ressentie, une histoire des plus banales, en un magnifique conte.

La conclusion est un peu suave, certes, mais c’est ce qui fait de ce roman un livre feel good

♥ ♥ ♥ 1/2

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