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En scène (série)

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Titre : En scène (série)
Auteure : Cuvie
ISBN : 978-2-368-52383-4
Nombre de pages : 194
Éditeur : Kurukawa
Année de sortie : 2017

Quand j’ai reçu cette série, j’ai partagé sur Facebook une petite tranche de vie, dans laquelle je racontais avoir voulu être ballerine toute mon enfance (notamment à cause du personnage de Jessie, dans le Club des Baby-Sitters.)

Puis à l’âge adulte, je me suis inscrite dans un cours de ballet pour débutant, et j’ai constaté avec horreur que je n’avais aucun sens du rythme. Après quelques semaines à supporter le regard horrifié de ma professeure qui pouvait à peine cacher son exaspération, j’ai fait des tests neuropsychologiques, et j’ai appris que je souffrais d’amusie légère, c’est-à-dire que le rythme, pour moi, ne fait aucun sens. Voilà qui explique bien des choses.

Reste que j’adore toujours autant l’idée du ballet, et qu’il n’est pas rare que je fasse des demies pointes en préparant mon thé, ou que je me lance dans quelques pas de danse qui feraient probablement frémir les vraies ballerines, mais qui me font sentir pendant un instant comme si je méritais, moi aussi, porter le tutu.

Tout cela pour dire que, lorsque j’ai reçu la série En scène, j’étais déjà conquise. Par le sujet, évidemment, mais aussi parce que les illustrations sont sublimes. Je suis encore novice en la matière, donc mon opinion sur le graphisme de ce manga vaut ce qu’elle vaut, mais il s’agit de loin des plus beaux dessins que j’ai vus dans un manga. Les nombreuses scènes de danse transmettent parfaitement les mouvements, l’effort, la beauté de cet art, avec une douceur digne de la discipline qu’est le ballet.

En grande partie puisque je ne suis pas encore tout à fait habitué de lire en portant une grande attention aux images plutôt qu’uniquement aux mots, j’ai eu quelques difficultés à reconnaître les personnages dans le premier tome. Il faut dire qu’une fois tous les personnages en tutu, cheveux relevés en chignon, ce n’était pas toujours facile de les démêler.

Quant à l’histoire, il s’agit de celle de Kanade, une jeune fille qui décide de devenir ballerine professionnelle lorsqu’elle assiste au spectacle de danse de sa voisine. À travers les six tomes, on la suit donc de ses débuts en danse jusqu’à sa participation à ses premiers concours.

D’ailleurs, si j’ai décidé d’aborder la série comme un tout, c’est parce que chacun des tomes est finement entremêlé avec celui qui le précède et celui qui le suit. Il n’y a pas de rupture franche entre ceux-ci : la numérotation des chapitres est d’ailleurs continue, au changement de roman (c’est-à-dire que le tome 1 se termine par la scène 5 et que le tome 2 s’ouvre sur la scène 6).

À partir d’un moment, l’auteure fait davantage de place à deux autres ballerines, Shoko et Sakura. Bien que les deux personnages s’imposent moins dans le fil de l’histoire que Kanade, elles apportent deux perspectives des plus intéressantes.

D’un côté, avec Shoko, on peut observer la dynamique entre une jeune fille qui rêve de devenir ballerine et ses parents qui trouvent que cette discipline nuit à ses études et entravent les idées de grandeur qu’ils ont pour son futur, de l’autre, avec Sakura, on observe la situation contraire, où la jeune prodige du ballet subit énormément de pression de la part de sa mère pour toujours performer davantage.

De l’apprentissage des positions de bases, au passage aux pointes, en passant par la préparation aux concours, chacun des livres renseigne le lecteur sur l’univers de la danse. À noter que si on aborde évidemment les difficultés, les innombrables heures de travail nécessaires, la douleur et les blessures, on reste tout de même dans le domaine du magique et du beau.

Les orteils qui saignent et les régimes très stricts qui font pourtant souvent partie intégrante des romans ou des films sur le ballet sont ici maintenus à l’écart, outre un ou deux commentaires très superficiels sur le sujet. Cela en fait un manga accessible à tous, et surtout, qui fait rêver.

Bien que l’on n’aborde pas ces aspects plus sombres et que le message transmis par la série soit des plus positifs (en travaillant assez fort, tout est possible), j’ai apprécié que tout ne soit pas accessible à Kanade avec facilité. Bien qu’elle progresse énormément, elle connaît aussi des défaites, des déceptions. Elle en viendra aussi à découvrir que le ballet est un univers fort compétitif. Malgré tout, elle affronte l’adversité avec une attitude incroyablement inspirante.

Comme je le mentionnais, mon intérêt pour le ballet date d’un moment, et j’ai donc particulièrement apprécié la capacité de l’auteure à intégrer une multitude d’informations sur cette discipline à travers son récit, tant au niveau technique que de l’histoire de cette danse, de manière très naturelle, sans que cela ne paraisse jamais forcé.

Petit bonus pour celles qui rêvent d’apprendre le ballet et qui n’ont pas la chance de suivre des cours : chacun des tomes se conclut avec une ou deux pages d’informations supplémentaires, illustrées, sur les positions de base. (Et je l’avoue, j’ai pratiqué chacune d’entre elles devant le miroir!)

Pas de doute, pour moi, il s’agit d’une série coup de cœur, parfaite tant pour les plus jeunes que pour les adultes qui s’intéressent à cette discipline.


1/2

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