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Je suis une fille de l'hiver

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Titre : Je suis une fille de l'hiver
Auteure : Laurie Halse Anderson
ISBN : 978-2-290-14605-7
Nombre de pages : 317
Éditeur : J'ai lu
Année de sortie : 2016

L’automne dernier, après avoir écouté le film To the bone sur Netflix, je suis tombée sur une recommandation proposant à ceux et celles qui avaient aimé le film de lire le livre Je suis une fille de l’hiver, de Laurie Halse Anderson, qui abordait lui aussi les troubles alimentaires.

Je l’avais aussitôt noté sur ma liste d’idées pour Noël. Ne l’ayant pas reçu, l’idée de le lire est tranquillement sombré dans l’oubli, jusqu’à ce que Flammarion m’écrive pour me proposer d’en faire la lecture, pour la sortie imminente du format de poche aux éditions J’ai lu. Il sera en librairie le 16 mars, mais il est déjà possible de le pré-commander sur le site Les Libraires!

Pas besoin de dire que j’étais très heureuse de la proposition. Aussitôt reçu, je me suis plongée dans Je suis une fille de l’hiver.

Le roman s’ouvre sur une terrible nouvelle : Cassie est morte, dans une chambre d’hôtel. On ne sait ni de quelle circonstance elle est décédée, ni pourquoi Lia se sent si coupable de son décès. Chose certaine, l’évènement semble aggraver l’anorexie de Lia, qui malgré deux hospitalisations, souffre encore de graves troubles alimentaires.

Par bribes, l’auteure dévoile les liens entre Cassie et Lia, ce qui a brisé leur amitié, et surtout, pourquoi Cassie a appelé Lia a de multiples reprises le soir de sa mort.

Si ce pan de l’histoire est intéressant, je me dois de souligner qu’il présente certaines longueurs. Pour ma part, les révélations à ce sujet auraient pu venir plus rapidement, à un moment, je les anticipais plus vite qu’elles venaient, l’auteure tournant un peu autour du pot. Ce petit désagrément n’est toutefois pas suffisant pour se priver de lire Je suis une fille de l’hiver, l’incursion dans la tête de Lia en valent à elle seule la lecture.

De manière un peu malsaine, cet accès aux pensées restrictives de Lia, aux étranges chemins mentaux que la narratrice emprunte, attise la curiosité. Difficile de rester de glace devant un tel discours interne, impossible de ne pas être empathique devant le régime strict que s’impose Lia.

Mention spéciale à la voix unique de l’auteure, qui transmet si bien la noirceur qui envahit de personnage de Lia.

La file de gens venus contempler le corps sans vie serpente à travers la grande porte de l’église, glisse sur les marches et se répand sur le trottoir. Des accords d’orgues funèbres imprègnent la nuit, transforment nos chaussures en blocs de béton et nous donnent un air si lugubre que nous ressemblons à des arbres ployant sous leurs feuilles noires.

Bien que l’auteure nous entraîne à travers cette noirceur de plus en plus dense au fil des pages, elle parvient à maintenir en vie l’espoir d'une guérison.

Le roman m’a fait traverser toute une gamme d’émotions, mais pour ma part, je l'ai trouvé moins fracassant que le film qui m'en a inspiré la lecture.

En partie, car il est moins graphique, mais aussi, sans doute, en raison de la glorification de la minceur par la société, qui nous conditionne à banaliser les troubles alimentaires tant que la personne qui en souffre n’est pas décharnée. Comme si, tant que la personne n'avait pas la peau sur les os, la maladie n'était pas aussi sérieuse qu'elle l'est pourtant.

Personnellement, c'est trop tard dans le livre que j'ai été frappé par la gravité de la maladie dont souffrait le personnage principal, peut-être, justement, parce qu'elle me donnait l'impression d'être mince, certes, mais pas dangereusement maigre. Ce constat plutôt préoccupant a initié chez moi de nombreux questionnements sur les troubles alimentaires et sur la perception que la société avaient de ceux-ci, un exercice des plus enrichissants.

Importante réflexion sur la nature insidieuse des petits commentaires à propos du poids, ce livre a une forte charge émotionnelle et pourrait être difficile à lire pour ceux et celles qui souffrent ou qui ont souffert de troubles alimentaires.  

Pour les autres, c’est une lecture que je ne peux que recommander cette lecture bouleversante qui nous projette en plein coeur de la spirale infernale qu'est l'anorexie.  

♥ ♥ ♥ 1/2

Pour en savoir plus sur mon système de notation, cliquez ici

Un grand merci à Flammarion pour le service de presse!

Procurez-vous le livre via le site leslibraires.ca :



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